
Une patte plus large, presque un pouce en plus qui dépasse sur le côté : c’est la première chose qui frappe chez un Maine Coon polydactyle. Ce trait, plus fréquent chez cette race que chez la plupart des autres chats, intrigue autant qu’il séduit. Ce guide fait le point sur son origine génétique, son statut selon les fédérations félines, ses éventuelles conséquences sur la santé, et ce que cela change (ou non) au moment d’adopter.
Qu’est-ce qu’un Maine Coon polydactyle ?
Définition de la polydactylie chez le chat
La polydactylie désigne la présence d’un nombre de doigts supérieur à la norme sur une ou plusieurs pattes. Un chat « classique » possède 5 doigts à l’avant (dont un ergot) et 4 à l’arrière. Un chat polydactyle peut en compter un ou plusieurs de plus, le plus souvent sur les pattes avant, parfois sur les quatre.
On distingue deux formes selon l’emplacement du ou des doigts supplémentaires : préaxiale, quand le doigt apparaît du côté interne de la patte, ce qui donne un effet de « pouce » bien visible, et postaxiale, quand il se situe du côté externe.
Pourquoi le Maine Coon est-il concerné ? (origine génétique)
La polydactylie n’est pas propre au Maine Coon : elle existe chez de nombreux chats domestiques, notamment dans certaines populations du Royaume-Uni et des États-Unis (les fameux « chats de Hemingway »). Mais elle reste historiquement plus répandue chez cette race, probablement transmise par les chats de bateau à poil long qui ont fondé la population d’origine en Nouvelle-Angleterre.
Sur le plan génétique, le trait est porté par une mutation d’une séquence régulatrice du gène SHH, impliqué dans la formation des membres, et se transmet selon un mode autosomique dominant : un seul exemplaire du gène muté suffit pour qu’un chat développe des doigts supplémentaires. Une étude publiée en 2020 dans le Journal of Feline Medicine and Surgery, menée sur 75 Maine Coon en Europe, au Canada et aux États-Unis, a identifié la mutation « Hw » (Hemingway) chez une partie des chats polydactyles étudiés, tout en montrant que plusieurs autres variantes génétiques peuvent produire le même trait visible : c’est ce que les chercheurs appellent une hétérogénéité génétique.
Le Maine Coon polydactyle est-il reconnu par les standards ?

Le statut de la polydactylie varie sensiblement d’une fédération féline à l’autre, ce qui explique une partie de la confusion sur le sujet.
- LOOF : la polydactylie constitue un critère de non-conformité au standard de la race. Un chaton polydactyle peut être inscrit et vendu comme Maine Coon, mais ne peut pas prétendre aux titres en exposition.
- FIFé : la fédération n’autorise pas les chats polydactyles en élevage ni en exposition.
- CFA : un nombre de doigts non conforme est un motif de disqualification en championnat ; les sujets polydactyles peuvent en revanche être enregistrés et présentés dans certaines catégories non compétitives.
- TICA : c’est la seule des grandes fédérations à reconnaître officiellement la variété sous un nom et un code à part, le Maine Coon Polydactyl (MCP), avec son propre standard et sa propre catégorie de championnat depuis 2015.
Source : TICA, « Maine Coon Polydactyl ».
Note : ces nuances concernent avant tout les futurs exposants. Pour une adoption « compagnie », le statut fédéral du chaton n’a aucune conséquence sur son quotidien.
Les particularités physiques du Maine Coon polydactyle
Nombre de doigts et morphologie des pattes

L’expression du trait est très variable d’un chat à l’autre, et parfois d’une patte à l’autre chez le même individu : certains n’ont qu’un doigt supplémentaire à peine visible, d’autres jusqu’à 7 doigts sur une même patte. La patte prend alors un aspect plus large, parfois qualifié de « moufle » (mitten) ou de « raquette » (snowshoe) selon la disposition des doigts.
Cette largeur de patte accrédite une théorie répandue chez les éleveurs : elle aurait facilité les déplacements dans la neige, à la manière d’une raquette naturelle, un atout plausible compte tenu du climat rigoureux dans lequel la race s’est développée. Il s’agit toutefois d’une hypothèse historique, pas d’un fait démontré scientifiquement.
Couleur et robe : un critère indépendant
La polydactylie n’a aucun lien avec la couleur ou le motif de la robe : un Maine Coon polydactyle peut porter n’importe quelle couleur reconnue par la race, les deux caractéristiques étant héritées indépendamment l’une de l’autre.
Santé : y a-t-il des risques spécifiques ?
Dans l’ensemble, la polydactylie n’est pas décrite comme une affection douloureuse ou invalidante : les chats concernés se déplacent, sautent et courent normalement. Le point de vigilance concret concerne l’entretien des griffes. Les doigts surnuméraires, en particulier ceux qui ne touchent pas le sol, s’usent moins naturellement et peuvent développer des griffes recourbées, voire incarnées si elles ne sont jamais coupées. Un contrôle régulier des pattes, doigt par doigt, permet d’éviter ce type d’inconfort.
Source : PetMD, « Polydactyl Cats: What To Know About Cats With ‘Thumbs' ».
Rappel : ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l’avis d’un vétérinaire. En cas de doigt qui semble mal positionné, de boiterie ou de griffe incarnée, une consultation reste la meilleure démarche.
Combien coûte un chaton Maine Coon polydactyle ?
Un chaton polydactyle se négocie en général dans les mêmes fourchettes qu’un Maine Coon classique, avec parfois un léger supplément lié à la recherche de cette particularité par certains adoptants.
Pour le détail complet des fourchettes de prix d’un Maine Coon selon son profil (pedigree, destination, lignée), consultez notre guide du prix d’un Maine Coon.
Où acheter un Maine Coon polydactyle en France ? Bien choisir son éleveur
Les mêmes critères de sérieux s’appliquent, que le chaton soit polydactyle ou non : pedigree LOOF vérifiable, tests de santé communiqués sur les reproducteurs, visite possible de l’élevage, contrat de cession écrit. La polydactylie n’exempte d’aucune de ces vérifications.
Comment reconnaître un chaton de qualité
Un éleveur transparent doit pouvoir vous indiquer si ses lignées portent le trait, depuis combien de générations, et vous montrer les pattes du chaton sans difficulté lors de la visite. Nous détaillons l’ensemble des critères de choix d’un élevage sérieux, au-delà de cette particularité, dans notre guide dédié au choix d’un éleveur de Maine Coon.
Foire aux questions (FAQ)
Qu’est-ce qu’un Maine Coon polydactyle ?
C’est un Maine Coon né avec un nombre de doigts supérieur à la norme sur une ou plusieurs pattes, le plus souvent à l’avant. Le trait est génétique, transmis de façon autosomique dominante.
Pourquoi le Maine Coon est-il polydactyle ?
Le trait est historiquement plus répandu dans cette race, probablement transmis par les chats de bateau à poil long qui ont fondé la population d’origine en Nouvelle-Angleterre. Il n’est cependant pas propre au Maine Coon : on le retrouve chez d’autres populations félines, notamment les « chats de Hemingway ».
Un Maine Coon polydactyle est-il reconnu comme un vrai Maine Coon ?
Oui. Le statut varie selon la fédération (non conforme au standard LOOF, interdit en élevage/exposition FIFé, disqualifiant en championnat CFA), mais la TICA reconnaît officiellement la variété sous le nom Maine Coon Polydactyl (MCP), avec son propre standard.
La polydactylie pose-t-elle des problèmes de santé ?
Non, ce n’est pas une affection douloureuse en soi. Le seul point de vigilance concerne l’entretien des griffes des doigts supplémentaires, qui s’usent moins naturellement et doivent être contrôlées régulièrement.
Un Maine Coon polydactyle coûte-t-il plus cher ?
Pas systématiquement. Certains éleveurs appliquent un léger supplément du fait de la demande pour ce trait, mais aucune donnée fiable ne permet de chiffrer un écart de prix généralisé. Consultez notre guide du prix d’un Maine Coon pour les fourchettes générales.
Un chaton Maine Coon peut-il être polydactyle sans que ses parents le soient ?
C’est possible si l’un des deux parents est lui-même porteur du gène sans que le trait soit toujours visible chez lui, ou en cas de mutation nouvelle, bien que ce dernier cas reste rare. Un éleveur sérieux connaît généralement l’historique du trait dans ses lignées.
